Le retour du rUSIgby – rUSIgby N°2 (22/02/2016)

5-61 dans la gueule…(mais demain je parlerai de la belle victoire de la réserve promis….)

Bon, ben, le coup du scénario du film américain, ça n’a pas marché. Ça existe que dans les films. Dans la vraie vie, ça marche rarement, c’est une grosse arnaque et c’est tout le temps le favori qui décroche la timbale. On a fait comme les autres qui ont à peu près notre niveau, c’est-à-dire ce qu’on a fait ce qu’on a pu sans pouvoir faire quelque chose. Zéro point de plus au classement et un coup de plus au moral qui n’en n’avait pas besoin.

Ça y est, on est enfin relégable. On y aura mis le temps, mais on y est arrivé. Aujourd’hui, les plus forts sont restés, les plus forts, et nous, on est resté au club house pour en boire une dernière. Pourtant ce matin, j’étais plutôt optimise en regardant la composition de l’équipe : Barreau à gauche, Nico Hermet au talonnage, et Morillat à droite devait constituer une première ligne expérimentée. La deuxième ligne apportait aussi quelques garanties avec Alix Foury et Antho Moktar. En troisième ligne, pareil, rien que du bon gars : Dubost le capitaine et Jeremy Pradeau aux ailes avec Teyssonneyre dans le couloir. Rien que du bon. La charnière pouvait sembler un peu jeunette, mais on connait les qualités de Clément Bourgés et de Anthony Savoie. Là aussi on pouvait être confiant. Surtout que les deux centres Baldy et Rouchy de retour d’Irlande sauraient envoyer des bons ballons aux ailiers Charbonnel et Jicey Robin. A l’arrière Caliste, une valeur sûre. Malheureusement, en arrivant au stade, j’ai compris que cette équipe là, n’était autre que celle du RC infirmerie, du RC pas dispo et du RC suspendu réunis. Compliqué donc.


Quant aux gars d’en face, ils étaient très….Lissac, voire même trop Lissac. Ces mecs n’ont rien à faire à ce niveau……. Ou peut-être que c’est nous. Oui voila, peut-être qu’en fait, c’est nous qui avons rien à faire à ce niveau. Trop juste, pas assez prêts. Rien n’est encore perdu certes, mais c’est pas en enchainant les défaites à la maison et à l’extérieur que tu vas te forger un moral de vainqueur. La spirale de la défaite nous entraine dans les profondeurs du classement aussi surement qu’un méchant crocodile entraine sa proie au fin fond des eaux troubles du Nil (j’écris ça, parce qu’en même temps, je regarde un reportage sur les grands prédateurs d’Afrique).

Comment se faire des amis…

Tadam !!! C’est donc dans la joie, l’allégresse, la folie et l’optimisme intégral, que je m’en vais pour causer de la victoire de l’équipe 2. Ces pauvres réservistes malmenés ces derniers temps et qui ont, grâce à une vaillance à toute épreuve réussit à battre l’équipe réserve de Trélissac. 12 à 11, le chat est maigre comme dirait ceux de la télé, mais on s’en fout, une victoire reste une victoire et même si celle-ci n’est que d’un point, elle comptera quand même à la fin du bal. Oui mais la réserve de Trelissac ne comptait que des jeunes inexpérimentés, alors que les mauvais noirs avaient quelques anciens à la trentaine bien sonnée, et c’est leur expérience qui aurait fait la différence. C’est pas faux non plus. Mais une question me taraude. Qu’est-ce qu’ils en font des vieux ailleurs ? Ceux qui veulent encore jouer dans leur club de cœur ? Ils les noient ? Parce que les notre de vieux, on se les garde au chaud, on les bichonne et on les fait jouer en réserve en attendant de les lancer dans le grand bain de l’équipe 3 et son rythme infernal. On n’a pas envie de leur expliquer que : « merci pour tout, mais maintenant, t’es gentil, t’es raisonnable, tu vas jouer avec ceux de ton âge et t’oublies pas de payer ta licence. » Et finalement on fait bien. Avec la vingtaine de blessés dans le groupe, on est bien content d’avoir nos p’tits vieux à faire jouer, quand les réservistes se retrouvent propulsés en équipe 1.

Ça s’appelle un club. Peut-être pas une équipe, mais un club.

Et les jeunes me direz-vous ? Y a pas de jeunes chez les mauvais noirs ? Ha malheureux, des jeunes on en a. Plein. Tellement plein qu’on a même une équipe rien que pour ça. Une équipe complète avec rien que des moins de 21 ans dedans. Merveilleux non ? Hé oui, ça existe. Pas trop dans notre poule de fédérale 2, ou il doit y avoir 3 ou 4 clubs pas plus qui alignent une équipe Belascain, (les moins de 21 donc), dans un championnat plutôt relevé. Pis si vous voulez tout savoir, parce que je sens bien que ça vous agace de lire ça, vous qui me lisez et qui n’êtes pas du club, et qui allaient m’envoyer quelques messages de toute beauté, sachez aussi qu’on compte une équipe Balandrade et deux équipes cadets. Il nous manque qu’une équipe de filles pour être complètement complet comme club. C’est un choix de club, une ligne directionnelle. Naïvement, bêtement, inconsciemment, on pense chez les mauvais noirs, qu’un petit minime, deviendra un jour un petit cadet qui passera ensuite chez les Balandrade, qui fera quelque temps ses preuves chez les Belascain pour finir en équipe première, qu’elle se trouve en fédérale 2 ou en fédérale 3. Qu’est-ce qu’on est ridicule et naïf tout de même ! Si on voulait, on foutrait les vieux dehors, on ferait jouer les Belascain en réserve, on abandonnerait cette même équipe Belascain qui nous coute chère en déplacement, et avec les économies, on s’offrirait quelques joueurs prêts à tout donner pour l’amour du maillot de celui qui paie le plus.
Et pendant ce temps, au plus bas de l’échelle, dans les séries inférieures, quelques petits clubs, de petits villages se voient refuser leur participation aux championnats de France de leur catégorie, car ils ne possèdent pas d’école de rugby. Ils se cassent le cul à faire vivre une activité sportive en zone rurale ou en quartier pénible. Ils arrivent à maintenir un peu d’animation dans des lieux que les jeunes désertent, en les faisant revenir les weekend, et on leur explique que ça serait mieux s’ils avaient une école de rugby, alors qu’il n’y a pas assez d’enfants pour sauver une école tout court.

La vie est belle dans les bureaux. Moi, ce que j’aime bien dans le rugby, c’est la logique…mais comment veux-tu être logique quand tu diriges un sport ou le ballon est ovale au rebond aléatoire et où il te faut faire des passes en arrière pour aller de l’avant ?
Pas la peine d’engueuler le club. Ils y sont pour rien.

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